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Hypnose & méditation

Hypnose thérapeutique : comment ça marche, pour quoi, et comment bien choisir sa praticienne

Oubliez le pendule et le spectacle où l'on fait aboyer les gens. L'hypnose thérapeutique ressemble plutôt à une rêverie guidée, où vous gardez le contrôle du début à la fin. Voici ce qu'elle peut, ce qu'elle ne peut pas, et comment trouver la bonne personne.

Par La rédaction, Équipe éditoriale de Mieux Être Magazine

Publié le · 4 min de lecture

Femme allongée dans un fauteuil, détendue, face à une praticienne qui prend des notes

L'essentiel en 30 secondes

  • L'hypnose thérapeutique est un état de conscience modifié, proche de la rêverie, où l'attention se concentre et où l'on reste maître de soi.
  • Selon le rapport de l'Inserm de 2015, son intérêt est le mieux établi pour réduire la douleur et l'anxiété lors de soins ou d'interventions, et dans le syndrome de l'intestin irritable.
  • Elle est aussi utilisée pour le stress, le sommeil, les addictions ou la confiance en soi, avec des preuves plus limitées mais une bonne tolérance.
  • Une praticienne sérieuse explique sa formation, ne promet pas de miracle et ne vous demande jamais d'arrêter un traitement médical.

L’hypnose fascine autant qu’elle intrigue. Elle est entrée dans de nombreux hôpitaux français, en particulier pour accompagner les soins douloureux et les interventions chirurgicales. Elle est aussi proposée en cabinet, et de plus en plus en visio, pour le stress, le sommeil ou les envies de changement. Faisons le tri entre les fantasmes et la réalité.

L’hypnose, c’est quoi exactement ?

L’hypnose est un état de conscience modifié que nous connaissons tous sans le savoir : quand vous êtes absorbée par un livre au point de ne plus entendre ce qui se passe autour, ou quand vous arrivez au travail sans vous souvenir du trajet. L’attention se resserre sur quelque chose, et le reste passe au second plan.

En séance, la praticienne guide cet état par la voix. Vous êtes détendue mais pas endormie : vous entendez, vous pouvez répondre, et vous pouvez sortir de cet état quand vous le souhaitez. Dans cet état particulier, l’imagination et les sensations deviennent plus présentes, ce qui permet de travailler autrement sur une douleur, une peur ou une habitude.

Ce que l’hypnose n’est pas : du sommeil, une perte de contrôle, ou un moyen de vous faire faire quelque chose contre vos valeurs. L’hypnose de spectacle repose sur la sélection de volontaires très réceptifs et sur la mise en scène : elle n’a rien à voir avec l’hypnose thérapeutique.

Ce que dit la recherche

En 2015, l’Inserm a publié un rapport d’évaluation de l’efficacité de l’hypnose, à la demande de la Direction générale de la santé. Ses conclusions, prudentes, restent une référence :

  • Lors d’interventions chirurgicales et de soins, l’hypnose permet de réduire la consommation de médicaments contre la douleur et l’anxiété. C’est le domaine où son intérêt est le mieux établi.
  • Dans le syndrome de l’intestin irritable, les résultats sont encourageants.
  • Pour d’autres indications, comme l’arrêt du tabac, la dépression ou les troubles du sommeil, les études sont trop peu nombreuses ou de qualité insuffisante pour conclure.

Le rapport souligne aussi que l’hypnose est bien tolérée et que les effets indésirables sont rares. Depuis, la recherche continue, et l’imagerie cérébrale montre que l’état d’hypnose modifie bien l’activité de certaines zones du cerveau impliquées dans l’attention et la perception de la douleur.

Pour quoi consulter ?

En pratique, les personnes consultent une hypnothérapeute pour :

  • le stress et l’anxiété du quotidien, le trac, la peur des examens ;
  • le sommeil, en complément de bonnes habitudes ;
  • la confiance en soi, le passage d’une étape de vie ;
  • les habitudes que l’on veut changer : grignotage, tabac, ongles rongés ;
  • certaines peurs : avion, dentiste, prise de parole ;
  • la gestion de la douleur chronique, en complément du suivi médical.

L’hypnose est un complément, pas un substitut. Elle ne remplace jamais un diagnostic ni un traitement médical, et elle est déconseillée en cas de trouble psychiatrique sévère non suivi (psychose, par exemple) sans l’accord du médecin.

Comment se déroule une séance

  1. L’échange. La première séance commence par un temps de parole : votre demande, votre histoire, vos objectifs. La praticienne vérifie aussi que l’hypnose est adaptée à votre situation.
  2. L’induction. Installée confortablement, vous fixez un point, écoutez votre respiration ou suivez la voix de la praticienne. Le corps se détend, l’attention se resserre.
  3. Le travail. La praticienne vous guide à travers des images, des métaphores ou des suggestions en lien avec votre objectif.
  4. Le retour. Elle vous ramène progressivement à l’état habituel, puis vous échangez sur ce que vous avez vécu.

Une séance dure en général entre 45 minutes et une heure. Beaucoup de praticiennes vous apprennent aussi l’auto-hypnose, pour prolonger le travail chez vous.

Bien choisir sa praticienne

Le titre d’hypnothérapeute n’est pas protégé en France : n’importe qui peut l’utiliser. D’où l’importance de quelques vérifications.

Les bons signes :

  • elle vous indique clairement sa formation : organisme, durée, date ;
  • elle vous demande si vous avez un suivi médical et vous encourage à le poursuivre ;
  • elle vous explique sa façon de travailler et le nombre de séances envisagé ;
  • ses tarifs sont annoncés à l’avance, sans forfait payé d’avance pour un grand nombre de séances ;
  • vous vous sentez à l’aise et écoutée dès le premier échange.

Les signaux d’alerte :

  • une promesse de guérison ou de résultat garanti, du type « arrêt du tabac en une séance garanti » ;
  • une demande d’arrêter un traitement ou de ne plus voir votre médecin ;
  • une pression pour acheter des séances ou des produits ;
  • une tentative de vous éloigner de vos proches.

En cas de doute sur une pratique, la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) peut être consultée.

Cabinet ou visio ?

Les deux fonctionnent. Le cabinet offre un cadre dédié, la visio évite les trajets et ouvre l’accès à des praticiennes éloignées, ce qui est précieux si vous vivez loin d’une grande ville ou avez un emploi du temps serré. Pour une séance à distance, choisissez une pièce calme, un siège confortable, des écouteurs, et prévenez votre entourage pour ne pas être dérangée.

Questions fréquentes

Peut-on être hypnotisée contre sa volonté ?

Non. L'hypnose thérapeutique demande votre participation active. Vous entendez ce qui se dit, vous pouvez parler, bouger et sortir de l'état d'hypnose à tout moment.

Combien de séances faut-il ?

Cela dépend de la demande. Pour un objectif précis, comme gérer le stress d'un examen, trois à cinq séances suffisent souvent. Pour une problématique plus ancienne, l'accompagnement peut être plus long. Une praticienne honnête fait le point avec vous régulièrement.

L'hypnose est-elle remboursée ?

Les séances d'hypnose ne sont pas remboursées par l'Assurance Maladie, sauf lorsqu'elles sont pratiquées par un médecin dans le cadre d'une consultation. Certaines mutuelles prennent en charge une partie des séances : renseignez-vous auprès de la vôtre.

Une séance en visio est-elle efficace ?

L'hypnose repose sur la voix et la relation, deux éléments qui passent bien à distance. Beaucoup de praticiennes proposent la visio. L'important est d'être dans un endroit calme, installée confortablement et sans risque d'être dérangée.

Sources

  1. Inserm, « Évaluation de l'efficacité de la pratique de l'hypnose » (rapport, 2015)
  2. Ministère de la Santé, « Pratiques de soins non conventionnelles »

Cet article informe et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.

La rédaction

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